Anders Behring Breivik, auteur des attaques de juillet 2011, qui ont fait plus de 70 morts et plusieurs blessés a écopé de 21 ans de prison, soit la peine maximale en Norvège.

Le 16 Avril 2012, le procès Breivik a débuté. Le plus important procès depuis la deuxième guerre mondiale a eu lieu dans le tribunal d’Oslo. Le tueur a été accusé de « actes de terrorisme » et « homicides volontaires ». Lors de son procès, son avocat Geir Lippestad, déclare : « Il ne va pas seulement défendre ce qu’il a fait, mais aussi regretter de ne pas être allé plus loin ». Pourtant accusé de ne pas défendre son client, l’avocat déclare que contrairement à la stratégie initiale, c’est son client Breivik, qui veut prouver sa responsabilité pénale.

Chronologie du procès d’une affaire de néonazie

Des larmes oui, mais pas de regrets. Anders Breivik a versé quelques larmes devant un montage vidéo qu’il a fait. Les avocats de la défense déclarent : « Personnellement, je pense que le fait qu’il pleure n’était que le reflet de son émotion devant ce qu’il avait réalisé. Ce n’était pas du tout un signe de regret » ou encore « Il s’est senti désolé pour lui-même, pas pour les familles ». Quant à son avocat Lippestad, il explique que les larmes de l’accusé sont liées à ses croyances en « une guerre en cours en Europe ».

Dans son euphorie, le tueur plaide la légitime défense. Il déclare avoir agi contre des traîtres de la patrie qui ont vendu le Norvège aux musulmans et à la notion du multiculturalisme. Et sans tenir compte du tribunal le jour de son jugement, il ne se lève pas comme le veut le protocole et déclare : « Je ne reconnais pas le tribunal norvégien ».

Petite anecdote : Après avoir tué plus de 70 personnes, Breivik et ses avocats demandent la récusation du juge qui avait réclamé la peine de mort pour le tueur sur les réseaux sociaux.

« Je suis victime d’inhumanité » 

Bien qu’il a déclaré avoir comme « objectif primaire de tuer tout le gouvernement norvégien, y compris le Premier ministre » lors de son procès, aujourd’hui, l’auteur des attaques, Breivik se plaint des conditions de sa détention.

« Victime » d’inspections corporelles quotidiennes et servi d’un café froid, on y rajoute une censure de la correspondance. Le tueur des 77 personnes en 2011 estime qu’il est victime d’une « inhumanité ». Dans une lettre de 27 pages, l’extrémiste a écrit et expliqué au centre de détention son mécontentement. Parmi les mots que le journal Verden Gang a dévoilé de ses lettres, Breivik déclare : « Je doute fortement qu’il existe pire lieu de détention en Norvège ».

Avec 32m² répartis en trois cellules. Il bénéficie d’un espace de vie, d’exercices physiques et de musculation. Il dispose aussi d’une télé, un lecteur DVD et une console de jeux. Les livres et les puzzles ne lui manquent en rien. Il a même droit à une machine à écrire puisqu’il a déclaré lors de son procès qu’il voulait continuer à se battre pour ses idées et d’écrire un livre. Des conditions que la majorité des gens jugeraient plus que confortables pour un homme qui a exécuté 77 personnes, chacune d’une balle dans la tête. Pourtant Anders Breivik accuse son pays de violer deux dispositions des conventions européennes des droits de l’homme. Il est, d’après ses ouï-dire, victime de traitement inhumain et dégradant quand puisqu’il a été fouillé plusieurs fois au corps à corps. Aussi, il rajoute qu’il n’y a pas de respect de sa vie privée et de sa correspondance. Il dit : « C’est compréhensible quand c’est justifié, par exemple quand il s’agit de personnes qui ont un passé violent ou quelque chose du genre, mais je me comporte de manière exemplaire depuis cinq ans ».

Einvind Rindal, un survivant de la fusillade répond à ces propos par : « Il n’est pas en prison pour avoir volé des chaussettes dans un magasin ». Les larmes de crocodile qu’il a versé lors de son procès, Rindal n’y a pas cru. Il rajoute : « Sa détention reflète les risques de récidive, de fuite, ceux planant sur les gardiens et codétenus, ainsi que les risques de suicide que la société perçoit chez lui ».