Day trips from Tunis.

Voici quelques jours, le 31 janvier 2019 pour être précis, le journaliste français Frédéric Bobin a publié un article intitulé: « En Tunisie, l’insolite mémoire de Testour l’Andalouse » publié sur les colonnes du journal « Le Monde-Afrique » par Frédéric Bobin, dont voici , à titre indicatif, l’incipit: « Dans le nord-ouest du pays, le bourg de Testour cultive l’héritage des morisques, ces musulmans expulsés d’Espagne par la Reconquista chrétienne ». Poursuivant sa laudative, et non moins émerveillée, description, loe journaliste surenchérit : « Le minaret de la mosquée de Testour déroute. De loin, on dirait presque une église avec son drapeau-girouette fiché dans une coiffe conique couleur ardoise. Et ces deux étoiles de David gravées au flanc de sa tour octogonale qui témoignent d’un temps où islam et judaïsme s’hybridaient. Et enfin ces colonnes à chapiteaux corinthiens – ravies à quelque site romain alentour – qui supportent la toiture de tuiles andalouses abritant la salle de prières ». Et l’auteur, s’en tiendra pour l’essentiel de son article à l’approche visuelle extatique.

Si bien qu’à la lecture de cet article, médusé, je suis, pour l’heure, loin d’être convaincu que le critère exotique ait été la meilleure approche possible pour un journaliste sensé informer ses lecteurs de la réalité d’un vécu humain. Cet ébahissement, de mauvais aloi, en présence d’une cité suspendue en dehors du temps et de l’espace environnant, cet outrancier esthétisme dont dénote le regard trop « image d’Epinal » rapidement jeté par le journaliste méritent que l’on se pose la question de l’arrière fond idéologiques de pareils compte-rendu.

Carte postale médiatique? Il en existe tellement, que le sujet en est arrivé à satiété… Une approche socio-économique, voire même tout simplement démographique, aurait été plus révélatrice d’une cité moribonde, désertée par sa jeunesse à force d’absence de toute perspective vitale. C’est que derrière les murs provocant l’émerveillement du journalistes, vivent des hommes.. et de plus en plus mal, il serait donc grand temps de s’occuper de leur mal-vie et de reléguer au second plan la beauté des sites et autres immobiliers vestiges d’un temps irrémédiablement révolu et n(ayant plus aucune prise sur la réalité des habitants du bourg.

Messieurs, plusieurs « belles » contrées de notre pays auraient besoin de journalistes autrement outillés que de leur simple appareil photographique et dont l’unique vœu se limiterait à ressentir ou bien à provoquer une certaine extase visuelle, rappelant tristement l’inefficient « nikon » japonais.

Vous avez aimé Testour ? Aidez-la à renaître de ses cendres, en lui insufflant une vie socio-économiques, les visites guidées s’étant, en  l’occurrence avérées totalement inefficaces, ou, du moins insuffisantes.