Ramadan, mois sacré en Islam, est connu pour son partage et son pardon. Mais avec un seul feuilleton, une chaîne de télévision a réussi à diviser un peuple qui a déjà du fil à retordre pour compenser une révolution « un peu perdue. »

Allô Jeddah : Divulgation d’un Bénalisme caché

L’émission est simple. Avec l’intox qui est sortie il y a quelque temps, l’équipe de Attassia a fait croire que le président déchu donnerait bientôt une conférence pour parler des dessous-de-tables de son départ. Le tout, déguisé en un appel inattendu sur Skype, le présentateur annonce aux invités que Ben Ali donnera une exclusivité à l’émission à laquelle ils assistent. Cela paraît rigolo au début. Mais un regard hors contexte de l’émission d’une caméra cachée nous laisse perplexe par rapport à ce petit jeu de vilain.

A se demander si seuls les invités sont en manque de Ben Ali, le présentateur ne manque pas à son devoir de « faire croire » aux invités qu’il est sérieux. Il appelle l’ancien président déchu « Monsieur le président » et cela à maintes reprises. La critique dépasse de loin des invités qui pleurent et d’autres qui demandent à Ben Ali de revenir. Est-ce que cette caméra cachée est-elle vraiment un jeu ? Ou est-ce une manière d’adoucir l’image d’un dictateur qui n’a pas manqué d’engager la police à tuer les révolutionnaires qui voulaient son départ. Est-ce aussi un moyen de blanchir Ben Ali des vols d’argent et des biens des Tunisiens ?

Entre invités et Attassia , qui aime le plus Ben Ali :

Bien que la chaîne annonce dès le début de l’émission ces couleurs, les interventions ne manquent pas de casser cette image d’une émission qui a pour but de faire rire. Mais avec un montage digne des plus grands films Hollywoodiens et des propos comme « Monsieur le président » au lieu du Ben Ali ou président déchu par la volonté du peuple, Makki et Attassia ne montrent pas une vraie attention à l’égard d’une révolution née un certain 14 Janvier.

Viens ensuite, les propos du chroniquer Wassim, Alias Migalo qui entre dans le jeu des oui-dits de l’ex président avec « Non je n’ai pas fui », « Oui j’allais divorcer de Leila », « C’est moi qui a fait arrêter les membres de la famille Trabelsi », … A quoi bon jouer à mettre une image d’un gentil chat à un féroce chien qui a encore du sang entre les crocs ? Ceci est bien sur une autre image d ‘une caméra cachée Tunisienne.

En attendant le reste du fil des invités, et jusqu’à aujourd’hui, c’est Hassan Ben Othman, avec tout le respect que notre équipe a pour lui, a gagné la plume d’or du méchant loup. Le journaliste communicateur ne manque pas d’appeler Ben Ali avec « Monsieur le président » et lui dire « qu’il a les mains propres ». Ceci étant décevant pour une jeunesse qui a vu en lui, l’espoir d’un changement à la télévision.

Dans l’attente de nouvelles personnalités, qui espérons cette fois répondront à l’appel de la révolution, nous vous souhaitons une bonne lecture.