Franck Berton

L’auteur des attentats du 13 Novembre dans la région parisienne, Abdeslam Salah a été remis à la France.

Avec 130 morts à Paris, le jeune belge plus précisément de Molenbeek, Abdeslam Salah a déposé les trois terroristes qui se sont fait explosés au Bataclan. Pour sa part, il aurait renoncé à la dernière minute d’en faire de même. Il reste en cavale plus de 120 jours pour être arrêté le 18 Mars à Molenbeek-Sain-Jean. Sa participation dans les attentats du 22 Mars à Bruxelles est toujours en questionnement.

Sven Mary : Un avocat mal à l’aise

L’avocat belge se dit « libéré » du fardeau Abdeslam Salah. Menaces, coups et une conscience qui n’est pas tranquille, Sven Mary ne pense pas rester sur le dossier une fois que le terroriste a été déporté en France. Il déclare : « Je suis avocat, je me fous de ma cote de popularité. Mais à un moment donné, j’ai pensé arrêter. En tous les cas, si j’avais été au courant des attentats de Bruxelles, je n’aurais peut-être jamais commencé à m’occuper de ce dossier », Il rajoute : « Quand Abdeslam sera remis à la France, je ne sais pas encore si je resterai dans le dossier ».

Agressé plusieurs fois, il qualifie l’affaire de du terroriste d’emmerdes. Bien qu’il soit habitué aux affaires des voyous, il est l’un des meilleurs juristes comme le qualifient ses collègues. Comme pour l’affaire de la Famille Aquino, les mafieux, ou encore les islamistes radicaux comme Fouad Belkacem, le « bouledogue » de justice belge arrive à trouver des failles dans les dossiers que d’autres avocats ne trouverons pas. Son confrère pénaliste Denis Bosquet déclare : « C’est un excellent juriste, un fouille-merde : il va trouver des trous que d’autres ne trouveraient pas. Quand les magistrats le voient arriver, ils font attention ». Pour l’avocat belge, l’affaire Abdeslam ne lui a causé que du tort. Sa réserve à propos du dossier, il l’explique en mentionnant : « Ce n’est pas facile d’assumer cette défense qui ne me rapporte rien, si ce n’est des emmerdes : j’ai été agressé à plusieurs reprises, soit verbalement, soit physiquement. Deux types m’ont même attendu devant mon cabinet et il y a eu un échange de coups, mais je sais me défendre. A plusieurs reprises, la police a dû escorter mes filles à l’école ».

Frank Berton : L’homme de la « rudesse » et de la « chaleur » :

Cet avocat français, qui à la base ne voulait pas être médecin et fuyant les volontés de son père pour des études de commerce, a choisi une autre alternative. Il fait du droit et finance ses études en travaillant comme ouvrier à la chaîne ou serveur. Il déclare « Je pensais pouvoir être utile en faisant ça. Sinon médecin, mais je m’en sentais incapable. L’envie de sortir quelqu’un du pétrin. Et d’affronter l’institution. » Il décroche son barreau à 27 ans et aujourd’hui, il prend la défense de Abdeslam Salah qui a été transféré officiellement en France le 27 Avril.

Ce genre d’affaires, Frank Berton y est habitué. Il décroche tous les dossiers « français de l’étranger ».  Plusieurs de ses affaires étaient un succès comme celle d’Outreau (affaire d’abus sexuel sur mineurs) ou l’attentat meurtrier du RER à Saint-Germain et encore l’affaire de Florance Cassez qui a été accusée d’enlèvement, séquestration et délinquance organisée. Pour Abdeslam Salah, Frank Berton est confiant. Il déclare : « »Il a le droit à un procès équitable. Ce garçon doit être jugé pour ce qu’il a fait et pas pour ce qu’il n’a pas fait, (…) pas pour ce qu’il représente parce qu’il est le dernier survivant et qu’on lui ferait porter des faits et gestes qui ne sont pas les siens ». Connaissant très bien la nature de cette affaire, il rajoute : « C’est une défense difficile mais on l’assurera. J’ai beaucoup réfléchi et nous avons établi une ligne de défense qui passe par sa volonté de s’exprimer ». Avec des accusations comme « participation à une association de malfaiteurs » et « assassinat et tentative d’assassinat », l’avocat français ne tremble pas.

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Cela est incompris par beaucoup mais quant à sa femme avec qui il a fondé son cabinet d’avocat, elle évoque les qualités de son mari et déclare : « il ne choisit jamais des causes, jamais une morale ou une histoire, toujours des personnes. C’est la nature humaine qui l’intéresse ».