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En Tunisie, un jeune se révolte à sa façon

Bechir n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de jeunes tunisiens qui ont voulu s’exprimer, mais ils ont fini derrière les barreaux. Agé de 19 ans et originaire de la Metouia à Gabes, Bechir est un étudiant en informatique après avoir eu tout fraichement son baccalauréat. Mais vendredi dernier, Bechir se fait arrêter après 6 heures d’interrogation. Pour comprendre l’histoire, il faut remonter au 19 juin dernier lorsque le jeune homme a décidé de se révolter à sa façon contre la marginalisation de sa région en pointant des doigts la situation catastrophique des hôpitaux nationaux se trouvant dans les régions du Sud. Pour le faire, il a dû pirater le site officiel du ministère de la santé et y publier un message adressé directement à l’ancien ministre, Mr Said Aidi, en se posant des questions du genre :

«  Vous nous avez oublié ?? Nous sommes revenus aujourd’hui, comment vous allez monsieur le ministre ? Pouvez-vous vous rappeler un peu de ces hôpitaux marginalisés ? Pourquoi uniquement les habitants de la capitale et du Sahel ont droit à la santé ? le pauvre n’est-il pas parmi ce peuple ? c’est trop…. »

C’est ainsi que la police judiciaire de Gorjani a convoqué Bechir pour un interrogatoire qui a duré 6 heures avant qu’on le retient pendant le weekend en attendant sa tenue devant le tribunal, programmé initialement pour le lundi 10 octobre et repoussé ensuite au jeudi 14 octobre. Des avocats bénévoles se sont emparés pour l’affaire pour représenter Bechir devant le tribunal et plaider sa cause. En même temps, la société civile a bougé et des activistes tunisiens ont ainsi exprimé leur soutien avec le jeune de 19 ans et même lancé la campagne #Libérez_Bechir sur les réseaux sociaux.