la révolution Tunisienne
Le peuple debout face à la répression !

Il  y a 6 ans de cela jour pour jour, quelques milliers de braves tunisiens et tunisiennes se sont regroupés devant le ministère de l’intérieur réclamant le départ du président Ben Ali et criant haut et fort des droits basiques bafoués par l’ancien régime. Nos compatriotes qui étaient là-bas ce jour mémorable prônaient le droit au travail, à la liberté et à la dignité.

Depuis, plusieurs évènements se sont passés, plusieurs gouvernements ont pris le relais, plusieurs attentats et innocents sacrifiés ; tout cela pour une seule finalité : rendre la Tunisie un meilleur pays, une fierté.

On réclamait travail, la liberté et dignité… états des lieux 6 ans après la révolution Tunisienne

Je vous prierais dans ce qui suit de garder en tête les raisons qui ont donné naissance à cet évènement historique hors normes qui a bouleversé à jamais l’histoire de la patrie et a même «inspiré» d’autres peuples opprimés.

Droit au travail : un challenge de taille 

Les derniers chiffres de l’INS annoncent un taux de chômage  général de 15.5% à la fin du 3ème  trimestre 2016 ;  tout simplement le plus élevé du Maghreb et comparé même à l’Egypte qui a connu elle aussi une révolution pour les mêmes raisons.

Plus alarmant, paradoxalement, ces taux doublent pour les chômeurs détenteurs de diplômes (en moyenne) atteignant plus de 40% pour les femmes !!   Vraiment désolant, je ne trouve pas d’autres termes.

Liberté : un acquis gagné mais très mal exploité

Dans son dernier discours, le président déchu a annoncé l’ouverture de Youtube, ce réseau restait jusque-là bloqué. Un premier acquis symbolique qui n’a pas suffi pour calmer les ardeurs du peuple J

Les médias ont aussi acquis une grande part de liberté, une liberté que la majorité n’a malheureusement pas su déployer convenablement mais l’a plutôt instrumentalisée pour des règlements de comptes, des blanchiments de bénéficiaires de l’ancien régime, des intérêts politiques étroits. Le paysage médiatique du pays est décevant. Ceci dit, il y a des medias sérieux qui ont su respecté l’éthique et rester apolitiques.

Le simple citoyen non encore habitué à cette overdose d’infos, de scoops et d’avis divergents voir même opposés a été, dans la majorité des cas,  dupé et induis en erreur.

Ce simple citoyen n’est tout de même pas exempt de reproches quant à la mauvaise utilisation de l’un des rares acquis post-révolution. Observez la circulation, les feux grillés, le non-respect des priorités et vous comprendrez tout. Inutile de ternir plus l’image et mentionner le comportement irresponsable de la majorité des travailleurs au secteur public.

 La dignité s’est-elle améliorée ses dernières années ?

Le meilleur outil scientifique pour répondre à cette interrogation est le fameux  Indice de Développement Humain communément appelé IDH qui est un indice statistique créé en 1990 par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). L’objectif est d’établir un aperçu global du niveau de vie des pays en prenant en compte trois principaux critères: l’espérance de vie à la naissance, le niveau d’éducation, et le niveau de vie. Le chiffre obtenu par ces évaluations combinées est censé donner une idée de développement du pays. Il est situé entre 0 et 1, plus il est proche de 1, plus le niveau de vie est considéré comme élevé.

La Tunisie a-t-elle réussi à gagner quelques rangs vers le haut du classement ces dernières années?

Au risque de vous décevoir, le classement mondial 2015 selon l’IDH fait état d’une réalité amère selon laquelle cet indice révélateur stagne depuis 2010 à 0.72 classant  la Tunisie au 96ème rang (sur 186 pays). Six ans après la chute de l’ancien régime et toujours aucun essor réalisé même pas minimum à ce niveau.

Pas satisfait mais toujours optimiste !

Comme vous l’aviez probablement remarqué, on est malheureusement encore loin de répondre aux exigences des citoyens sur des sujets vitaux tels que l’emploi, la liberté et la dignité. Le gouvernement doit faire preuve de plus de réalisme et savoir classer les priorités et le citoyen ne doit pas se contenter de faire les grèves, multiplier les  revendications et saboter toute nouvelle initiative de l’Etat mais passer du simple spectateur au véritable acteur dans le développement.

Cet article peint certes un tableau assez noir de la situation mais je ne désespère pas de voir la tunisiens et tunisiennes réveillés et prenant en main leur avenir et celui de leurs enfants avec un Etat plus proche des citoyens , une société civile plus active et entreprenante et des institutions comme l’UTICA ou l’UGTT moins « têtues » et carrées dans leurs façons de voir les choses dans la mesure où leur rôle est primordial.

Espérons qu’en Janvier 2018, je ferais une mise à jour de cet article avec des chiffres plus gais et des pas réalisés vers un meilleur avenir pour notre belle Tunisie.

Honneur aux marthyrs, Vive la Tunisie !